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Le pivot de la Fed ? Oui, mais plus tard...

En début d’année, le scénario consensuel pour les Etats‑Unis anticipait une poursuite de la désinflation dans un contexte de soft‑landing1, avec une banque centrale qui pouvait assouplir rapidement sa politique monétaire. Bref, un scénario positif pour les marchés de taux et d’actions.

La publication des chiffres d’inflation pour le mois de janvier est venue perturber ces anticipations. L'inflation totale a certes continué de ralentir en janvier en glissement annuel, mais bien moins que prévu (+ 3,1 % contre 2,9 % attendus). Surtout, l'inflation sous‑jacente a cessé de baisser sur le mois, en se stabilisant à + 3,9 %, alors qu’elle était attendue en baisse à 3,7 %. Globalement, cette hausse des prix demeure excessive par rapport à l’atteinte de la cible de la Fed de 2 %, c’est un rappel du caractère graduel de la désinflation.

Dans le même temps, d’autres nouvelles sont venues contrarier le mouvement de désinflation. D’une part, le marché du travail reste robuste et laisse une possibilité à un retour des tensions salariales, après une détente en janvier. Les créations de postes non‑agricoles sont ressorties à 353 000 pour le mois de janvier, bien plus qu’attendu. Le taux de chômage américain reste très bas à 3,7 % et le salaire horaire moyen est en hausse de 0,4 % sur 1 mois.

D’autre part, la confiance des consommateurs, calculée par l’université du Michigan, reste sur des plus‑hauts, depuis juin 2021. La demande pourrait rester forte, même si les ventes de détail ont reculé de 0,8 % en janvier, sans doute impactées par le froid exceptionnel qui a touché les Etats‑Unis.

Enfin, les tensions en mer Rouge ont provoqué une hausse du prix du fret. Malgré le déploiement d’une force internationale, les attaques des rebelles houthistes sur des navires marchands se poursuivent.

Alors que les investisseurs tablaient encore, il y a quelques semaines, sur un chemin de baisse rapide des taux directeurs par la Fed, ces nouveaux éléments ont engendré un décalage dans le temps de ces anticipations. Ainsi, en début d’année, le marché valorisait 7 baisses des taux directeurs de la Fed en 2024, et seulement 3 aujourd’hui, plus en phase avec notre scénario.

En parallèle, les marchés obligataires ont un peu corrigé pour intégrer cette nouvelle donne. Le taux à 10 ans américain est passé de 3,80 % en décembre, à 4,30 % en février. Et le dollar s’est également ajusté à la hausse (l’euro est passé de 1,10 en décembre à 1,07 en février). Sur le marché des actions, l’impact de ces hausses de taux aurait dû être négatif, pourtant l’indice Standard & Poors 500 a battu de nouveaux records. Les actions américaines, en particulier les 7 magnifiques, semblent immunes au contexte économique. Les publications de résultats sont toujours supérieures aux attentes, et les perspectives de l’IA continuent d’alimenter l’optimisme des investisseurs.

Au final, malgré les dernières statistiques qui vont à l’encontre du scénario, nous considérons toujours qu’une baisse progressive des taux souverains américains et du dollar pourra reprendre lorsque la Fed sera bien en mesure de baisser les taux directeurs (à partir de juin selon nous) et que les statistiques d’inflation et de croissance se tasseront progressivement.

Achevé de rédiger le 21 février 2024

1 soft‑landing : ralentissement sans récession

Sources : Bloomberg

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